Les peaux

Les marques de peaux

 

La peau de frappe (appelée aussi peau de batterie)

C'est sur cette peau-là que l'on frappe avec les baguettes. Elle est normalement toujours plus épaisse que celle de timbre (dépend du montage réalisé). Il existe donc des numéros qui correspondent à des épaisseurs de peaux (1, 2, 3, 4, 5).

Auparavant, on utilisait des peaux de veau. A l'heure actuelle, c'est le plastique qui est utilisé.


La peau de timbre

C'est cette peau-là qui vibre et fait trembler les cordes de timbre pour faire sortir le son du tambour lorsque l'on frappe sur la peau de frappe. 

Elle est normalement toujours moins épaisse que celle de frappe (dépend du montage réalisé).

Auparavant, cette peau était en veau. C'est également le plastique qui est utilisé à l'heure actuelle.

Les peaux de timbre transparentes (N°1) donnent un son plus "cassant", les peaux opaques (N° 2 à 3), offrent une sonorité plus douce, grasse, granuleuse.

 

Les diamètres de peaux

Le diamètre de la peau va évidement dépendre du diamètre du fût sur laquelle la peau est posée. Ainsi, sur un fût de 35,6 cm de diamètre, on va souvent placer une peau de 35,6 cm (14 pouces donc 35,56 cm pour être précis). Parfois la peau de frappe est choisie un rien plus grande que le diamètre du fût et ce à cause de l'épaisseur des élastiques et des chambres à air (-> va dépendre du type de montage choisi). Il existe différents diamètres dans les marques de peaux plastiques actuelles mais on se rend compte que les fabricants de peaux tendent à une standardisation des diamètres de peaux. Par exemple, le 36 cm devient rare et assez cher dans des marques telles que Remo par exemple.

Ce sont les fabricants de peaux qui vont certainement définir les diamètres des futurs fûts de tambours que l'on verra dans nos carnavals; car avoir un fût pour lequel il n'y a pas (plus) de mesure de peau disponible, cela ne sert à rien !

 

Les épaisseurs de peaux

D'après Felix Conters de chez Sonorus, il n'y a que 2 fabricants de plastique pour peaux de tambours au monde. Il s'agit en fait de film polyester. Le plus répandu est le "Mylar®" qui est une marque de film polyester fabriqué en Chine par l'entreprise "DuPont Teijin Films".

Ces deux fabricants se sont mis d'accord pour fabriquer les mêmes épaisseurs de peaux.

TOUTES les marques de peaux ont donc les mêmes épaisseurs (c'est uniquement l'élasticité ou la couleur qui peut changer !! Les couleurs les plus courantes sont: transparent, blanc et noir. Il existe aussi des peaux  bleues, vertes et rouges).

Voici à quoi correspondent les numéros de peaux :

N° 1 : 75 microns   (0,075 mm)
N° 2 : 120 microns (0,120 mm)
N° 3 : 180 microns (0,180 mm)
N° 4 : 240 microns (0,240 mm)
N° 5 : 300 microns (0,300 mm)

On ne sait pas exactement d'où provient la numérotation des peaux (N°1, 2, 3, 4, 5) et qui l'a inventée, mais d'après Mr Biesemans (ancien propriétaire de Sonorus), ces numéros existent depuis fin des années 1970.

Il existe aussi des peaux composées comme p.e. 'Emperor' de REMO. En fait, il s'agit de 2 peaux qui sont montées 
dans le même cercle (120 + 180 microns). Comme ça, on obtient une épaisseur de 300 microns (n° 5). 
Pour les peaux à l'huile, on utilise le même principe, mais il y a une goutte d'huile entre les deux peaux pour avoir un son
plus mat.

Avec ces 4 épaisseurs, on est capable de faire plus ou moins 30 différentes sortes de peaux. p.e.:

 

Enfin, il existe une peau pour des tensions extrêmes: 'Falams' (Falam = Fabric Laminate) de REMO. Ceci est une peau composée avec une couche de mylar de 180 microns, et une couche de kevlar (une sorte de tissu imperçable). Cette peau-là est déconseillée pour un tambour de Gille.

 

La fabrication d'une peau plastique

Vous pourrez voir sur le site de la marque de peaux plastiques "Evans" comment sont fabriquées les peaux chez eux. Elles sont serties dans une cornière.

http://www.evansdrumheads.com/Resources/JDCEVA/Videos/EV_How_Its_Made.wvx

Le procédé est semblable pour certaines autres marques de peaux (Stabil par exemple) mais pas chez Remo, où, là, elles sont collées dans le cercle de métal.

 

Note sur peaux de veau - peaux de plastique

   

D'après certaines sources ("C." et Robert Walravens), le passage de la peau de veau à la peau de plastique se serait fait aux alentours de l'année 1961. Evidemment, tous les tamboureurs ne sont pas tout de suite passés à la peau de 
plastique mais l'on peut affirmer sans crainte qu'au début des années '70, la majorité des tamboureurs de la région du 
Centre jouait sur des peaux de plastique. Cette date de 1961 semble logique quand on lit l'information suivante sur le 
site Internet de la marque Evans (http://www.evansdrumheads.com/EVAAbout.aspx) :

"Most people don't realize that Evans invented the synthetic (or plastic, or polyester) drumhead in 1956. Chick Evans 
was the first person to use polyester film to form a drumhead, succeeding in creating a weatherproof head, and ultimately changing the drum world forever. Chick's accomplishment is clearly substantiated in letters and documents on record, 
dating back to the 1950s. The plain truth is, Evans was "The First." ".

Traduction : "Beaucoup de gens ne réalisent pas que c'est Evans qui a inventé la peau synthétique (ou plastique ou en polyester) en 1956. Chick Evans était le premier à utiliser du polyester pour fabriquer une peau de tambour. En fabriquant 
cette peau en polyester, il allait ainsi créer une peau résistante aux intempéries et donc réaliser un changement ultime 
dans le monde du tambour. L'invention de Chick est clairement justifiée dans des lettres et documents qui datent avant 
même les années 1950. L'éclatante vérité est qu'Evans est "LE PREMIER" ".

 

D'autre part, Monsieur Guy Vansippe, fils de commerçant et commerçant lui-même à Binche, nous confirme la date de 1961 comme date charnière pour le passage de la peau de veau à la peau de plastique dans l'extrait suivant :

"1960 voit l’éclosion d’une myriade de petits groupes musicaux composés de guitares et batterie de styles différents. Viennent directement à l’esprit, Shadows, Spotnicks, Chaussettes Noires, Chats Sauvages…Cette époque restera marquée, du moins pour les groupes francophones sous le nom de « YEYE ». Se produit alors chez les jeunes un phénomène d’émulation qui provoque l’explosion des ventes de ces types d’instruments. Les peaux plastiques qui équipent les batteries se remplacent. .. facilement…

Depuis toujours, côté tambours de gilles, les peaux de veau sont pour les tamboureurs une véritable corvée. En cas d’intempérie, dans les cafés, le poêle est pris d’assaut pour « faire sécher » , le son est amorti, déformé par les plastiques de protection, les peaux sont fragilisées, rouler une nouvelle peau demande du temps et de l’expérience d’où, la nécessité d’avoir plusieurs tambours de rechange et d’endroits de stockage sur le parcours, l’accident ne prévenant pas…

Dans le magasin, à cette époque encore, les tamboureurs ne se ressemblent pas mais se croisent…. La tentation est forte, l’idée germe si bien qu’en 1961, un premier tamboureur de gilles se laisse séduire… Ce qui paraissait d’abord comme une hérésie pour la tradition, provoque bientôt, au regard de la facilité et du son, un engouement général, si bien qu’avant la fin de saison carnavalesque, les plus réticents ont adopté les peaux plastiques.

Pour confirmer mes dires, mon ami Odilon Clara se souvient certainement de cette véritable mutation et du magasin de la rue de Charleroi."

Différentes peaux de veau (tannages différents et donc aspects différents)

Le veau n'est donc plus utilisé aujourd'hui pour les tambours de gille sauf exception lors du mardi-gras 1999 à Binche 
par exemple (par la batterie des Récalcitrants de Binche pour l'anniversaire des 100 ans de la société) ou même maintenant chaque année par la batterie des jeunes indépendants (batterie d'Éric Dupuis) le mardi-gras matin si le temps le permet.

Le veau est par contre toujours utilisé pour les peaux de grosses caisses même si de nouvelles peaux sont apparues sur le
marché depuis quelques années (biche, daim, chamois,...).

Il faut noter que dans le temps, la peau de chèvre était également parfois utilisée en lieu et place de la peau de veau.

C'est toujours la peau d'un animal mort-né qui était recherchée.

Il est clair que le passage de la peau de veau à la peau de plastique s'est principalement fait pour une question d'entretien, 
surtout en cas de pluie. 

 

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