
Le nom 'Mahillon' vient de son 'créateur' Charles Mahillon.
Ils sont comparables aux fûts "F. Lebon Binche" en ce qui concerne l'épaisseur de la feuille de laiton et en ce qui concerne le bourrelet aux extrémités du fût qui est composé d'un fil de fer galvanisé.
D'après certains tamboureurs, les Mahillon avec 1,2 ou 3 étoiles (étoiles visibles sur le pont) sont des "véritables" Mahillon.
Les autres auraient été fabriqués en sous-traitance.
"Il faut également que les bords soient refermés comme sur les F. Lebon". Certains Mahillon (surtout les 1 et 2 étoiles) sont poinçonnés sur le fût même !
Les fûts Mahillon ne se ressemblent en effet pas tous. Certains ont le médaillon rond avec les armoiries belges et d'autres pas.
Et dans ceux qui ont le médaillon avec les armoiries belges, le dessin varie également. D'après Mr Roger Steenhuysen, le médaillon sans les drapeaux et sans les couleurs est l'écusson le plus ancien.
Ci-dessous, les 2 écussons Mahillon forts différents :

Les inscriptions sur le pont peuvent varier également. Souvent "C. Mahillon Bruxelles" est écrit accompagné d'une, deux ou trois étoiles.
Mahillon 1 étoile |
Mahillon 2 étoiles |
Mahillon 1 étoile + petite barre verticale |
Inscription "C. MAHILLON SUCC. J. SMITS BRUXELLES" sur le pont |
Il arrive également que la marque Mahillon soit directement estampillée sur le fût avec des mentions telles que "C. Mahillon Fournisseur breveté de l'armée et des conservatoires Bruxelles".

On retrouve parfois le nom de Smits sur certains Mahillon (ce qui est logique vu que la maison Mahillon a été cédée en 1936 à Mr Smits -> voir la note sur la maison Mahillon ci-dessous). Parfois sur le pont (voir supra), parfois aussi directement sur le fût comme ici :

Ici un tambour Mahillon avec le médaillon + la frappe sur le fût 'C. MAHILLON SUCC. J.SMITS BRUXELLES'

Ici un tambour Mahillon avec le médaillon + la frappe sur le fût 'Y C. MAHILLON SUCC. J.SMITS BRUXELLES'
La lettre 'Y' dans la frappe correspond à une certaine date de fabrication (information recueillie auprès de Mr Roger Steenhuysen)
Remarquez ce que l'on peut trouver comme infos concernant les instruments Mahillon dans une de leurs anciennes brochures :



Sur certains très vieux fûts Mahillon, on peut voir un renfort au niveau du bouton. Source: collection privée
Note sur la maison Mahillon
La "Manufacture générale d'instruments de musique Mahillon et C°" a été fondée en 1836 par Charles-Borromée Mahillon (1813-1887).
Fils d'un drapier d'origine gaumaise, orphelin des combats de 1830, il avait appris son métier en Angleterre.
Son épouse née Persy (sans doute de la famille des facteurs),
lui donna quatorze enfants dont l'aîné,
Victor-Charles (1841-1924)
lui succéda, en association avec son frère Joseph (1848-1923) à la
tête de la manufacture.
Celle-ci se prévalait en 1907 d'être "Fournisseurs
de l'Armée, des Conservatoires et de la Cour de S.M. l'Empereur de Russie ".
Les ateliers se trouvaient 21, chaussée d'Anvers à Molenbeek-Saint-Jean (aujourd'hui Bruxelles-ville).
La succursale anglaise (182, Wardour Street, Londres W.) était placée sous la direction d'un autre frère, Fernand C. (1855-1948).
Cette succursale avait notamment comme clients des régiments de l'armée des Indes.
Maillon et C° étaient spécialisés dans les instruments à vent.
Ils fabriquaient aussi des pianos droits (que l'on voyait encore entre les
deux guerres, dans les cafés des quartiers populaires).
Ils éditèrent plusieurs monographies sur les instruments à vent écrites
par Victor-Charles, devenu en 1877,
avec l'appui de Léopold II, le premier
conservateur du Musée instrumental du Conservatoire de Bruxelles.
Les
autres oeuvres de Victor-Charles (dont le catalogue du Musée)
Dans "Socialistische Standpunten" (1976/2), Mr.Henri Fayat, évoquant
la figure de son père,
chef de musique et compositeur, a rappelé que
ce dernier avait été garçon de courses à la Manufacture
de 1899 à 1904 et y avait senti naître sa vocation.
La dernière petite-fille de Victor-Charles est décédée
en 1971. Joseph n'avait laissé qu'un fils, mort sans postérité.
Fernand C. n'a pas eu d'enfant.
La Maison Mahillon
, qui avait décliné après la première guerre mondiale, fut cédée à Mr Smits en 1936 parUn quatrième fils de Charles-Borromée, Adolphe, fut marchand et éditeur de musique (Rue Neuve).
Les autres frères exercèrent des professions diverses. Léon,
d'abord officier du génie, devint directeur général de
la Caisse Générale d'Epargne et de Retraite. C'est toutefois
au titre de conseiller communal de Scha
Outre Léon, seul
Henri (1862-1921), treizième enfant de Charles-Borromée, armurier, a laissé des descendants
Après une seconde cession, l'activité de la maison d'instruments
se poursuit sous la dénomination :
Steenhuyzen* et Mahillon, 43, rue
de Transvael à Anderlecht - Spécialité d'instrument en
métal.
Source: http://users.skynet.be/LC/Clarinet/Facture/Facture2.htm#Mahillon
* : l'orthographe exacte est Steenhuysen. Il s'agissait de deux cousins : Pierre (décédé) et Roger.

Victor-Charles MAHILLON.
Fondateur et conservateur du musée du conservatoire royal
de musique de Bruxelles. Bruxelles 1841 - Saint-Jean-Cap-Ferrat 1924
Source : Eléments d'acoustique musicale et instrumentale par Victor Charles Mahillon
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