Il faut tout d'abord définir ce que signifie le terme 'montage' dans le vocabulaire du tambour de gille. Le montage ne signifie pas l'action de monter l'instrument (d'assembler les pièces qui le composent) mais signifie plutôt le résultat obtenu (le tambour). Ainsi, on va par exemple parler de montage en 4/1 si la peau de frappe est d'une épaisseur de 240 microns et celle de timbre de 75 microns ou 4/2 si la peau de frappe est de 240 microns d'épaisseur et celle de timbre de 120 microns.
Le montage d'un tambour de gille va dépendre de nombreux paramètres.
D'autres paramètres moins systématiques peuvent également rentrer en ligne de compte et ne sont pas abordés ici (en général des paramètres propres au feeling du tamboureur-monteur).
Vous trouverez ci-dessous, en détail, la majorité des paramètres qui peuvent rentrer en compte dans le montage d'un tambour de gille.
Certains paramètres vont influencer le son que donnera le tambour (fût, peaux, élastiques,...). D'autres, par contre, n'influencent en rien le son de l'instrument (crochets, corde,...).
Il existe de très nombreux montages différents pour le tambour de gille. C'est précisément le montage qui va donner et influencer le son que va émettre l'instrument. C'est pourquoi il n'existe pas de règle bien précise en la matière mais l'on observe tout de même des tendances générales (souvent par batterie). Aussi, afin d'avoir une batterie harmonieuse, certains chefs de batteries exigent que tous les tambours de la batterie aient le même montage de tambour (même type de fût, mêmes peaux, mêmes élastiques, mêmes réglages,...).
En effet, la première chose qui va définir le son final de l'instrument, c'est le type de fût et donc le choix du fût.
Le choix du fût sera donc réalisé selon des critères tels que la marque, la hauteur, le diamètre et l'épaisseur.
Les peaux vont elles aussi être un facteur qui influence le son d'un tambour.
Le tamboureur va donc les choisir en fonction du son qu'il veut faire sortir de son instrument. On peut affirmer que, d'une manière générale, la peau de timbre est toujours plus fine que celle de frappe.
Voici des montages que l'on retrouve souvent sur les tambours de gille à l'heure actuelle (peaux de plastique) : 4/2, 4/1, 3/1, 5/3.
Les différentes marques de peaux présentes sur le marché ne rendent pas toutes le même son ou n'ont pas toutes la même qualité. C'est pourquoi, là aussi, le choix sera souvent judicieux.
Des peaux que l'on appelle "bain d'huile" sont également utilisées et là, il semblerait qu'une seule peau soit achetée, et que l'on divise la peau en deux à l'aide d'un cutter pour obtenir une peau de frappe et une peau de timbre. On les appelle "bain d'huile" car quand la peau est toujours UNE peau, il y a de l'huile entre les 2 parties qui seront séparées ensuite.
A l'époque (avant les années 1970), des peaux de veau étaient utilisées et il semble qu'aucune mesure n'était utilisée pour définir l'épaisseur de la peau et que c'était au toucher que l'on choisissait ses peaux au magasin de tambour ou chez le tanneur.
Le type d'élastique choisi (facteur ou régents) aura également une infuence sur le son produit par l'instrument.
Une fois un type choisi, il faut encore décider de la largeur des élastiques. En effet, les élastiques de régents n'ont par exemple pas tous la même largeur. L'endroit sur le fût où seront placés les élastiques (centrés, décentrés) va aussi influencer le son.
L'utilisation de chambres à air sous les élastiques de régent va influencer le son également. La meilleure preuve est que les chambres à air sont souvent rajoutées lorsqu'un tambour "sonne".
Le nombre de passages de la corde de timbre va influencer le son du tambour. C'est pourquoi on retrouve ici aussi des tambours montés soit en:

Sur cette photo, 10 passages de corde de timbre : assez rare
A l'heure actuelle, la majorité des tambours de gille est montée avec 8 passages de corde de timbre. Auparavant, il semblerait que la norme était plutôt de 6 passages. Dans l'ancien temps, il n'était pas rare de voir des tambours de gille avec 4 passages.
Quand on regarde les tambours de gille dans nos carnavals, on en voit certains dont la corde de serrage passe dans des trous des cercles inférieur et supérieur de serrage. D'autres tambours sont par contre montés avec des crochets. Cela signifie que seul le cercle inférieur de serrage comporte des trous afin de faire passer la corde de serrage et que sur le cercle du dessus, on a fixé des crochets en métal pour faire passer la corde.
Il semblerait que les premiers tambours de gille n'avaient pas de crochets en métal sur le cercle supérieur de serrage mais bien vite les crochets sont apparus pour une plus grande facilité de montage et démontage du tambour en cas de changement de peau de frappe.
Les crochets ont subi des modifications au fil du temps. Voici les 3 types de crochets que l'on peut voir actuellement :

De gauche à droite, du plus ancien au plus récent. Celui du bas étant identique à celui qui se situe juste au-dessus de lui mais est en aluminium et non en fer. L'actuel (celui de droite) est en fait composé de deux parties (un "U" sur lequel on vient souder une boucle) alors que les anciens étaient fabriqués d'une seule pièce.
Photos de montages à crochets ICI
Il existe des tambours serrés à l'aide de vis. Ces vis remplacent les +/- 10 mètres de corde qui serrent d'habitude les peaux du tambour. Les tambours à vis ont maintenant quasiment disparu parce qu'ils sont trop lourds et moins esthétiques que les tambours à corde. D'autre part, les tambours à vis usent beaucoup plus vite les pantalons ! Il s'agissait aussi d'une question de mode pendant tout un temps.

Une vis de serrage

Tambour nickelé monté à vis de serrage

Le tambour de gauche est monté à vis. Les trois autres sont montés de manière plus traditionnelle avec de la corde.
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